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vineri, 11 iulie 2025

10 des œuvres d'art volées par les nazis

 

Top 10 des œuvres d'art volées par les nazis

Article publié le 27/05/2014 | mis à jour le 16/07/2021


Ayant pour ambition de créer son propre musée, Adolf Hitler a organisé une large campagne de vol d’œuvres d'art appartenant aussi bien à des collectionneurs juifs qu'aux pays conquis. Si certaines ont été retrouvées, d'autres sont toujours dans la nature.

Dès 1939 et jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le régime du Troisième Reich a été le plus grand voleur d’œuvres d'art de toute l'histoire. Amateur de peinture, Hitler avait pour ambition de créer un musée d'art européen à Linz : le « Führermuseum ». Ainsi, des milliers de peintures et de sculptures ont traversé les frontières pour arriver en Allemagne, transitant par le musée du Jeu de Paume, pour le cas de la France. Si les courants contemporains tels que le cubisme et l'art abstrait étaient alors considérés comme « l'art dégénéré » par les nazis, des œuvres majeurs de ces courants ont tout de même été volées, et pour certaines revendues à très bas prix.

Appartenant aux collections nationales ou à des collectionneurs privés, le plus souvent juifs, toutes n'ont pas été retrouvées ou n'ont pas été rendues à leurs propriétaires pour diverses raisons. En France, celles dont le nom de l'acquéreur original n'est pas encore connu ont été confiées à des musées nationaux (Le Louvre, Musée d'Orsay...) et classées dans les dossiers des Musées Nationaux Récupération (MNR).

1- « Le portrait d'Adele Bloch-Bauer I », Gustav Klimt (1907)

Source : http://www.neuegalerie.org/collection/Austrian/Fine%20Arts?page=1

Ce portrait d'Adele Bloch-Bauer commandé à Gustav Klimt par son mari, a été saisi par le régime nazi en 1938, en Autriche. Récupérée en 2006 par Maria Altmann, la nièce de Ferdinand et Adele Bloch-Bauer à qui 5 tableaux de Klimt avaient été légués, il a depuis été revendu à Ronald S. Lauder. Ce dernier l'expose encore dans sa « Neue Galerie » à New-York.

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2- « La femme assise » d'Henri Matisse

Source : http://www.lagazettedeberlin.com/6638/tresor-de-munich/

Volé au galeriste Paul Rosenberg, ce tableau fait parti des 1 500 tableaux spoliés aux juifs durant la guerre, et saisis à Munich en mars 2014 chez Cornelius Gurlitt. Ce dernier s'est dit prêt à restituer ce tableau sans contrepartie à la journaliste Anne Sinclair, la petite-fille de Paul Rosenberg.

3 - « Baigneuses », Gustave Courbet (1858)

Source

Ce tableau de Gustave Courbet volé par les nazis durant la Seconde Guerre mondial, n'a pas retrouvé son propriétaire et est détenu par le Musée Récupération Nationaux. Confié au Musée du Louvre en 1951 puis de 1979 à 1986, il est resté au Musée des Beaux-Arts de Nantes entre 1953 et 1979. Depuis 1986, il a rejoint les impressionnistes du Musée d'Orsay.

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4- « L'astronome », Johannes Vermeer (1668)

Source : http://missionaulouvre.blogspot.fr/2010/02/lastronome.html

Cette œuvre a été l'une des plus convoitées par Adolf Hitler, et ce bien avant le début de la Seconde Guerre mondiale. Aussi, la collection d'Edouard de Rothschild qui détenait ce tableau a été largement pillée et délestée de plus de 5 000 œuvres. Cachée dans des mines de sel pour éviter les bombardements, ce sont les « Monument Men » qui l'ont retrouvé, parmi plus de 8 000 œuvres. Par ailleurs, le service de restauration du musée du Louvre a dû effacer une croix gammée présente sur la toile.

5 - « L’Adoration de l'Agneau mystique », Hubert et Jan van Eyck (1432)

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Agneau_mystique

Commencé par Hubert van Eyck, ce polyptique a été achevé par son frère Jan en 1432. Chargé d'histoire, il a été maintes fois démantelé et séparés, bien avant la Seconde Guerre mondiale. Aux prémices de celle-ci, il a été envoyé au Vatican pour y être protégé, avant que l'Italie ne s'allie au régime nazi. Récupéré par Hitler en 1942, il a ensuite rejoint une mine de sel, avant d'être restitué à la Belgique. Composé de 24 panneaux à l'origine, seuls 17 ont été retrouvés. Par ailleurs, il reste l'un des tableaux les plus volés de l'histoire avec pas moins de 13 vols en 6 siècles. Les photographies montrent le polyptique fermé et ouvert.

6 - « La dame à l'hermine », Leonard de Vinci (1488-1490)

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Dame_%C3%A0_l'hermine

Acheté par la famille Czartoryski en 1798, cette œuvre a été tour à tour été transportée en Pologne et à Paris, avant d'être saisie en 1939 par les nazis. Envoyée au Kaiser Friederich Museum à Berlin, elle sera ensuite réclamée par le gouverneur de Pologne puis récupérée par les Alliés en Bavière, à la fin de la guerre. Désormais, elle devrait rejoindre le musée Czartoryski à Cracovie.

7 - « Tête de femme » de Pablo Picasso (1921)

Source : https://artsy.net/artwork/pablo-picasso-tete-de-femme-head-of-a-woman-1

Bien que classés dans « l'art dégénéré » selon Hitler, de nombreux tableaux de Pablo Picasso ont été volées puis retrouvées. Cet artiste est également connu pour son tableau « Guernica », immortalisant les bombardements des troupes nazis sur la ville espagnole du même nom. 

8 - « Méléagre et Atalante » de Pierre-Paul Rubens

Source : http://www.insecula.com/oeuvre/O0020530.html

Cette peinture à l'huile est désormais visible dans l'ancienne Pinacothèque de Munich. Si Hitler et Goering, tout aussi collectionneurs l'un que l'autre se sont partagés les œuvres volées, Pierre-Paul Rubens était l'un des artistes favoris de Goering.

9 - « Michel Manzi », Edgar Degas (vers 1889)

Source

Ce tableau représente Michel Manzi, un écrivain et ami d'Edgar Degas à l'origine d'un procédé de reproduction typographique. Bien que retrouvé après la guerre, il est toujours classé dans les MNR faute de propriétaire et est visible au Musée d'Orsay depuis 1986.

10 - « La femme en rouge et vert » de Fernand Léger

Source : http://www.productionmyarts.com/arts-et-marche/oeuvres/top-100-leger-femme-rouge-vert-fr.htm

Source : http://mediation.centrepompidou.fr/musee/mnr/jeu.htm

Appartenant à la collection de Léonce Rosenberg, ce tableau a fait le tour de différents musée après avoir été récupéré par les Alliés en 1946. Ce n'est qu'en 2003 que ses propriétaires ont pu reprendre leur bien détenu, depuis la fin de la guerre, par le Ministère de l'Education Nationale français. Par ailleurs, il est visible dans une photographie d'époque de la salle des Martyrs au musée du Jeu de Paume, dans laquelle était entreposées les oeuvres volés par les nazis. Le document du Centre Pompidou permet de cliquer sur les tableaux contenus dans la photographie pour en avoir les détails.


Ce top a été rédigé avec amour, gentillesse et bienveillance par
Nawel P.

joi, 10 iulie 2025

Hermann Goering : collectionneur d’art ou pilleur nazi ?

 

marți, 4 ianuarie 2022

Herman Goering,der berühmteste Kunstdieb aller Zeiten


Herman Goering,der berühmteste Kunstdieb aller Zeiten


https://www.thecollector.com/hermann-goering-art-collector-or-nazi-looter/

(trad. automata din engleza, cu usoare imperfectiuni)
MaisonArt

Hermann Goering : collectionneur d’art ou pilleur nazi ?

Hermann Goering, l'un des commandants militaires les plus puissants du parti nazi, s'est positionné comme un grand collectionneur d'art, se vantant un jour de posséder la plus grande collection d'art privée d'Europe.

Herman Goering, pillard nazi

 

Le pillage organisé d'œuvres d'art et autres objets sur les territoires européens conquis était une stratégie du parti nazi, dont Hermann Goering était l'un des principaux promoteurs. De fait, à l'apogée du pouvoir nazi, au début des années 1940, un véritable bras de fer s'est développé entre Hitler et Goering. Poursuivez votre lecture pour en savoir plus sur le pillage d'œuvres d'art perpétré par les nazis.

 

Hermann Goering – un butin nazi ?

Photographie du palais de Venise par Hermann Goering, 1944
Soldats de la division Hermann Goering posant avec le « Café du Quirinal » de Panini devant le Palazzo Venezia, 1944, via Wikipédia

 

On sait qu'Hitler lui-même s'est vu refuser l'admission à l'Académie des Beaux-Arts de Vienne au début de sa vie , mais se considérait comme un connaisseur des arts . Il attaqua violemment l'art moderne et ses courants dominants de l'époque – le cubisme , le dadaïsme et le futurisme – dans son livre Mein Kampf . L'art dégénéré  était le terme utilisé par les nazis pour décrire de nombreuses œuvres d'art créées par des artistes modernes. En 1940, sous l'égide d'Adolf Hitler et d'Hermann Göring, le groupe de travail du Reichsleiter Rosenberg fut formé, dirigé par Alfred Rosenberg, l'un des principaux idéologues du parti nazi.

 

Photographie de la grotte secrète de Hermann Goering à Königsee
Un soldat américain dans la grotte cachée d'Hermann Goering à Königsee , admirant une statue d'Ève du XVe siècle, l'une des pièces récupérées par les forces alliées en 1945, via The New Yorker

 

L'ERR (abréviation allemande) opérait dans une grande partie de l'Europe occidentale, en Pologne et dans les États baltes. Son objectif principal était l'appropriation culturelle de biens – d'innombrables œuvres d'art furent soit irrémédiablement perdues, soit brûlées en public, bien que les Alliés aient pu restituer nombre d'entre elles à leurs propriétaires légitimes.

 

Goering était un homme aux activités coûteuses

portrait de jeune homme de Raphaël
Portrait d'un jeune homme par Raphaël , 1514, via Web Gallery of Art

 

Le Portrait d'un jeune homme de Raphaël , pillé par les nazis au musée Czartoryski, est considéré par de nombreux historiens comme le tableau le plus important disparu depuis la Seconde Guerre mondiale. Raphaël n'était pas le seul artiste célèbre recherché par le second d'Hitler . Hermann Goering gardait et chérissait avec zèle des chefs-d'œuvre de Sandro Botticelli , Claude Monet et Vincent Van Gogh .

 

Après la défaite des nazis, Goering tenta de charger tout le butin de Carinhall dans des trains en direction de la Bavière, emportant Carinhall derrière lui. Bien que beaucoup aient été définitivement perdus ou détruits, le catalogue manuscrit de Goering, répertoriant près de 1 400 œuvres, était conservé dans sa maison de campagne près de Berlin. Selon une estimation prudente, Hermann Goering acquérait au moins trois tableaux par semaine. En 1945, le New York Times estimait la valeur de ces œuvres à deux cents millions de dollars, soit la somme colossale de 2,9 milliards de dollars actuels !

 

En général, Hermann Goering menait une vie de luxe et d'opulence extrêmes . Il appréciait les « belles choses » – des bijoux aux animaux de zoo, en passant par une forte dépendance à la morphine. Chaque année, le 12 janvier, pour son anniversaire , Hitler et les hauts gradés nazis le comblaient d'œuvres d'art (et d'autres objets coûteux). L'ampleur de sa collection était telle qu'elle traînait négligemment dans son pavillon de chasse, sans égard à sa présentation, à son origine ou à sa valeur. Ses collections provenaient de musées et de collections privées d'Europe occidentale, notamment celles appartenant à la communauté juive.

 

Photographie de Hans Makart Falconer Hitler Hermann Goering
Hitler présentant « Die Falknerin (Le Fauconnier) » de Hans Makart (1880) à Hermann Goering à l'occasion de son anniversaire, via The New Yorker

Lors de son contre-interrogatoire à Nuremberg , Hermann Goering a affirmé agir en tant qu'agent culturel de l'État allemand, plutôt que pour son propre profit. Il a également avoué sa passion pour les collections, ajoutant qu'il voulait au moins une petite partie de ce qui était confisqué (une façon douce de le dire). L'évolution de ses goûts témoigne de l'expansion simultanée du pouvoir nazi. Une étude du « catalogue d'art » d'Hermann Goering révèle un intérêt dominant pour le romantisme européen et le nu féminin , ce qui a rapidement ouvert la voie à des acquisitions avides d'œuvres d'art. Il convient de noter que deux autres personnes dans sa vie ont fortement contribué à son enthousiasme artistique : sa femme Emmy (obsédée par les impressionnistes français comme Monet) et le marchand d'art Bruno Lohse.

 

Bruno Lohse était le principal pilleur d'œuvres d'art de Goering

Photographie d'un train privé de Nazis pillant des œuvres d'art
Un wagon de train privé, avec une cargaison de Lohse, contenant des œuvres d'art prises par les nazis et Göring , découvert en 1945 près de Berchtesgaden, en Bavière, via Time Magazine

 

Lohse a acquis la tristement célèbre distinction d'être l'un des plus grands pilleurs d'œuvres d'art de l'histoire . Né en Suisse, Lohse était un jeune officier SS robuste, parlant couramment le français et titulaire d'un doctorat en histoire de l'art. C'était un escroc, un manipulateur et un intrigant sûr de lui , qui attira l'attention d'Hermann Goering lors de sa visite à la galerie du Jeu de Paume à Paris en 1937-1938. C'est là qu'ils mirent au point un mécanisme permettant au Reichmarschall de sélectionner les œuvres d'art pillées à la communauté juive française. Les trains privés de Goering rapportaient ces tableaux à sa propriété de campagne, près de Berlin. Hitler, qui considérait l'art moderne et ses formes dominantes comme « dégénérées » , fit garder les plus belles œuvres par Lohse, tandis que plusieurs œuvres d'artistes comme Dali, Picasso et Braques furent brûlées ou détruites.

 

Peinture de Van Gogh Le pont Langlois
Pont Langlois à Arles par Van Gogh , 1888, via le musée Wallraf-Richartz, Cologne

 

Le Jeu de Paume devint le terrain de chasse de Lohse ( Goering lui-même visita personnellement le musée une vingtaine de fois entre 1937 et 1941 ). Le « Pont Langlois à Arles » de Van Gogh (1888) fut l'une des nombreuses œuvres d'art inestimables envoyées par Lohse, du Jeu de Paume à Paris, par train privé jusqu'à la maison de campagne de Goering.

 

Bien que Lohse ait été brièvement arrêté après la défaite des nazis, il fut libéré de prison en 1950 et devint membre d'un réseau clandestin d'anciens nazis qui continuaient à trafiquer des œuvres d'art volées en toute impunité. Parmi celles-ci figuraient des chefs-d'œuvre d'origine douteuse , raflés par les musées américains. Hermann Goering était si désireux de posséder un Vermeer qu'il échangea 137 tableaux pillés contre lui.

 

Après la mort de Lohse en 1997, des dizaines de tableaux de Renoir, Monet et Pisarro ont été retrouvés dans son coffre-fort à Zurich et dans sa maison de Munich, valant plusieurs millions.

 

Les effets d'Hermann Goering sur l'histoire et la culture

Le Christ adultère Faux tableau de Vermeer
L'un des brillants faux du faussaire hollandais Henricus van Meegeren , vendu à Hermann Goerring, intitulé "Le Christ avec la femme adultère" comme œuvre de Johannes Vermeer, via le musée Hans Van Houwelingen, Zwolle

 

Les multiples effets du pillage nazi ne peuvent être sous-estimés. Tout d'abord, l'appropriation culturelle et l'urgence de l'acquisition et de la destruction rappellent que des forces comme les nazis cherchent à conquérir le domaine de l'art et de la culture. Cette appropriation culturelle est aussi une tentative de s'approprier l'histoire et de s'emparer de l'insaisissable par la guerre et la violence.

 

Catalogue d'art Hermann Goering
Catalogue d'art manuscrit d'Hermann Goering , via The New Yorker

 

Deuxièmement, une documentation chronologique, comme le catalogue d'art écrit d'Hermann Goering , met en évidence l'évolution du pouvoir nazi à l'extérieur. Les acquisitions furent de plus en plus associées aux « grands » artistes d'Europe occidentale, en particulier à l'art développé pendant et après la Renaissance européenne, entre le XIVe et le XVIIe siècle . Elles jettent également un éclairage intéressant sur l'opulence privée et les excès des nazis, en particulier de l'élite.

 

Troisièmement, les effets sur l'art contemporain et les chercheurs, en particulier sur les historiens de l'art juifs comme Erwin Panofsky, Aby Warburg et Walter Friedlaender, pour n'en citer que quelques-uns, furent profonds. Cela provoqua une « fuite des cerveaux », certains des plus éminents chercheurs et intellectuels juifs fuyant vers des institutions étrangères . Les États-Unis et le Royaume-Uni en furent les principaux bénéficiaires, leurs universités offrant de généreux gestes d'accueil sous forme de subventions, d'aides, de bourses et de visas. Les financiers eux aussi traversèrent l'Atlantique, et la naissance de mouvements plus importants dans le monde de l'image, comme Hollywood, commença dans les années 1940.

 

Enfin, il serait juste d'affirmer qu'Hermann Göring était un pillard et un saccageur, plutôt qu'un collectionneur d'art. En tant que second d'Adolf Hitler, il a supervisé d'innombrables campagnes horribles contre les richesses culturelles de l'Europe et le pillage de pans entiers d'une histoire cruciale et irrémédiable. À cela s'ajoute, bien sûr, le carnage perpétré sous son commandement à travers toute l'Europe occidentale et les millions de vies perdues qui en ont résulté.

Tejus Menon

Tejus Menon

BA (avec distinction) en sciences politiques

Tejus est un écrivain et artiste performeur basé en Inde. Il est titulaire d'une licence en sciences politiques de l'Université de Delhi. Danseur de butoh et créateur de théâtre, il privilégie l'interdisciplinarité. Il apprécie les activités de plein air, de la voile en mer d'Arabie aux randonnées dans les hautes montagnes de l'Himalaya.

art vole (3)


joi, 10 martie 2022

Les chefs-d'œuvre volés par les nazis

 

Les chefs-d'œuvre volés par les nazis

Par Diane Cole

25 novembre 2021

Les voyages des œuvres d'art pillées ont des histoires puissantes qui sont explorées dans une nouvelle exposition, écrit Diane Cole.

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Dans la longue histoire de l'art réside l'histoire presque aussi longue de l'art pillé. Nous sommes éblouis par ces trésors de terres lointaines et d'époques anciennes, même si nous restons pour la plupart aveugles à leur provenance. Habituellement, leurs moyens d'acquisition ne sont pas mentionnés - trop souvent, brutalement déracinés de leurs foyers et de leurs propriétaires d'origine comme butin de guerre, de conquête coloniale ou sous le diktat de despotes.

Plus comme ça :

Jusqu'à maintenant. Nous lisons plus que jamais des articles sur des différends internationaux concernant la propriété et la restitution, y compris des allégations cette semaine selon lesquelles le plus grand musée d'art de Suisse pourrait exposer jusqu'à 90 œuvres aux provenances problématiques . Les histoires sur les origines - et le sort - des bronzes du Bénin, dont au moins certains sont en train de retrouver leur chemin vers le Nigeria et la République démocratique du Congo depuis les nombreux pays et musées vers lesquels leur les dirigeants coloniaux les ont dispersés, notamment en Belgique, en Allemagne, au British Museum et au Metropolitan Museum de New York.

De telles histoires de vol et de sauvetage sont rendues plus que réelles dans une nouvelle exposition puissante au Musée juif de New York,  Afterlives: Recovering the Lost Stories of Looted Art . Et ils sont présentés à travers des trésors tant artistiques que culturels.

La Composition de Löwenstein de 1939 (à droite) apparaît à côté de peintures de Paul Cézanne (Bather and Rocks, à gauche) et de Pablo Picasso (Group of Characters, au centre) (Crédit : Steven Paneccasio)

La Composition de Löwenstein de 1939 (à droite) apparaît à côté de peintures de Paul Cézanne (Bather and Rocks, à gauche) et de Pablo Picasso (Group of Characters, au centre) (Crédit : Steven Paneccasio)

Dans les galeries d'ouverture, nous voyons une toile extraordinaire après l'autre de Pierre Bonnard, Marc Chagall, Paul Cézanne, Henri Matisse, Camille Pissarro et d'autres grands peintres modernistes européens, chacun ayant une histoire à raconter sur le pillage par le régime nazi. Beaucoup de ces œuvres ont été saisies auprès de collectionneurs et d'artistes qui se trouvaient être juifs; d'autres que les nazis ont confisqués et mis dans l'oubli parce qu'ils ne se conformaient pas à la définition étroite d'Hitler de ce que l'art aryen devrait être - c'est-à-dire représentatif et sain dans leur sujet, par opposition aux compositions souvent abstraites et expressionnistes qui caractérisaient tant d'œuvres modernistes , qu'ils ont qualifié de "dégénéré".

Ces objets sont les survivants matériels des communautés juives d'Europe, chacun avec une histoire distincte, une "au-delà" de la survie, pour révéler

Ensuite, il y a les magnifiques tableaux d'objets rituels en argent délicatement travaillés qui ornaient autrefois les maisons et les synagogues des Juifs d'Europe. Ils peuvent et doivent être admirés pour leur art. Mais dans le contexte de ce spectacle, ils parlent aussi encore plus puissamment de leur saisie brutale par leurs propriétaires d'origine qui les utilisaient autrefois pour accueillir le sabbat, célébrer les fêtes et observer les jalons de la vie et de la mort, le tout selon la tradition juive. Vous ne pouvez pas parcourir ces galeries sans penser au sentiment de spoliation vécu par tant de personnes d'autres cultures à travers l'histoire. L'attraction émotionnelle est viscérale.

Ces objets sont les survivants matériels des communautés juives d'Europe, chacun avec une histoire distincte, une "au-delà" de survie, à révéler. Pourtant, pris dans leur ensemble, ces récits adhèrent également à ce que nous pourrions considérer comme un nouveau type de voyage archétypal, celui qui suit le destin de chaque œuvre, du déracinement originel du vol culturel au déplacement jusqu'au sauvetage et à la restitution éventuels.

The Large Blue Horses (1911) de Franz Marc a inspiré le livre de 2014 de la poétesse américaine Mary Oliver, Blue Horses (Credit: Collection Walker Art Center, Minneapolis)

The Large Blue Horses (1911) de Franz Marc a inspiré le livre de 2014 de la poétesse américaine Mary Oliver, Blue Horses (Credit: Collection Walker Art Center, Minneapolis)

Les routes divergentes vers un tel au-delà sont évidentes dès le moment où vous entrez dans l'exposition. Vous êtes d'abord accueilli par la magnifique toile de l'artiste expressionniste allemand Franz Marc. Les grands chevaux bleus, peints en 1911, représentent trois chevaux d'un bleu éclatant, regroupés sensuellement au premier plan, avec la colline derrière eux lavée d'éclaboussures de bleu, de rouge et de vert. Bien que Marc soit mort en combattant pour l'Allemagne pendant la Première Guerre mondiale, Hitler a interdit son travail.

Mais il a échappé à la portée du Reich car en 1938 son propriétaire allemand l'a envoyé à Londres, pour être inclus dans une exposition "anti-hitlérienne", et de là, il a voyagé dans le cadre d'une autre exposition, 20th Century Banned German Art, aux États-Unis. , où un acheteur américain l'a acheté pour une collection qui fait maintenant partie du Walker Art Center de Minneapolis. Il semble thématiquement approprié que le tableau apparaisse ici, prêté une fois de plus.

Le tableau de Max Pechstein de 1912, Nus dans un paysage, a été restitué aux héritiers de son propriétaire juif en 2021 (Crédit : succession d'Hugo Simon)

Le tableau de Max Pechstein de 1912, Nus dans un paysage, a été restitué aux héritiers de son propriétaire juif en 2021 (Crédit : succession d'Hugo Simon)

Près de cette toile se trouve une peinture luxuriante et évocatrice de Max Pechstein de 1912, Nus dans un paysage, une toile exubérante qui a été rendue cet été par le gouvernement français aux héritiers du banquier et collectionneur d'art juif d'origine allemande Hugo Simon. Son parcours trouble est emblématique du chemin souvent long et sinueux parcouru par l'art pillé jusqu'à sa restitution éventuelle.

Le voyage de Simon, lui aussi, était précaire. Il a fui Berlin pour Paris lorsque Hitler est arrivé au pouvoir en 1933, et après la chute de la France aux mains de l'Allemagne en 1940, il s'est échappé une fois de plus, cette fois au Brésil. Mais le tableau a été abandonné à Paris et saisi par les nazis. Elle n'est réapparue qu'en 1966, retrouvée entreposée au Palais de Tokyo à Paris, mais son atterrissage reste un mystère. À partir de 1998, il a été hébergé au musée d'art moderne de Nancy, en France.

Still Life with Guelder Roses (1892) de Pierre Bonnard, qui a refusé de peindre le portrait du leader collaborationniste français pendant la Seconde Guerre mondiale (Crédit : The Nelson-Atkins Museum of Art)

Still Life with Guelder Roses (1892) de Pierre Bonnard, qui a refusé de peindre le portrait du leader collaborationniste français pendant la Seconde Guerre mondiale (Crédit : The Nelson-Atkins Museum of Art)

Une autre voie de restitution est illustrée dans une toile adjacente. La peinture verte, jaune et blanche de style impressionniste de 1892 de Pierre Bonnard, Nature morte aux roses de Gueldre, était l'une des 2 000 pièces volées par les nazis à un seul collectionneur, David David-Weill, le philanthrope franco-américain qui avait dirigé le secteur bancaire. maison Lazard Frères. Cette toile lui a été restituée en 1946, peu après avoir été récupérée par les forces alliées parmi les nombreuses œuvres cachées par les nazis dans une mine de sel autrichienne.

Des trajets difficiles

La douceur relative de cette récupération facilite la restitution du son, n'est-ce pas ? Mais faites quelques pas dans la pièce voisine, et une autre œuvre de l'exposition souligne une fois de plus le travail de restitution en cours, peut-être sans fin, sous la forme d'une toile géométrique cubiste de 1939 de l'artiste juif allemand Fédor Löwenstein, qui n'est que maintenant en cours de restitution aux héritiers de ses premiers propriétaires par le gouvernement français.

Son histoire rappelle également le caractère aléatoire de la survie et de la restitution. Après sa saisie, l'œuvre avait été reléguée dans un espace de stockage de la galerie du Jeu de Paume à Paris dite "La Chambre des Martyrs". Ici, les officiers allemands pouvaient sélectionner et repartir avec les chefs-d'œuvre volés de leur choix; ceux qui restaient étaient souvent jugés dégénérés et destinés à la destruction. Mais celui-ci est passé entre les mailles du filet et a survécu, peut-être grâce à l'aide de Rose Valland, l'historienne de l'art qui a secrètement gardé la trace des quelque 20 000 œuvres apportées là-bas, documents qui ont joué un rôle clé, après-guerre, dans la récupération d'une grande partie des objets volés. art.

La Chambre des Martyrs, réserve d'art interdit par les nazis, à la galerie du Jeu de Paume à Paris (Crédit : Musée juif)

La Chambre des Martyrs, réserve d'art interdit par les nazis, à la galerie du Jeu de Paume à Paris (Crédit : Musée juif)

Pourtant, malgré ses efforts, Valland ne put tous les sauver, hélas. Une photo en noir et blanc de la salle, probablement de 1942, montre des peintures d'André Derain et de Claude Monet, entre autres, qui n'ont pas été retrouvées après-guerre et ont probablement été détruites. Il est impossible de ne pas se détourner de cette photo avec un sentiment de gratitude pour la présence des œuvres glorieuses exposées ici par Paul Cézanne, Pablo Picasso, Henri Matisse et Marc Chagall, entre autres. 

Les téléspectateurs ne sont pas non plus autorisés à ignorer la vie et le destin des familles auxquelles appartenaient tous ces biens matériels à un moment donné. Une série de vieilles photos de famille est alignée sur ce qui semble être une cheminée de salon, suggérant à quoi ressemblait une vie de famille juive normale de la classe moyenne avant que les nazis ne les chassent. Et puis, suivant la chronologie nazie de l'horreur, vient une collection de portraits et de dessins réalisés en secret, puis cachés, par des artistes internés dans les camps de concentration nazis.

Des objets rituels ont été sauvés par les communautés juives dans le cadre d'un effort de sauvetage plus large (Crédit : The Jewish Museum)

Des objets rituels ont été sauvés par les communautés juives dans le cadre d'un effort de sauvetage plus large (Crédit : The Jewish Museum)

Il n'est peut-être pas étonnant qu'en parcourant les galeries, je me sois souvent senti immergé dans un monde bouleversé par le vol, jamais plus que lorsque je regardais les vitrines d'objets rituels juifs - coupes de Kiddouch, chandeliers de sabbat, pointeurs de Torah et d'autres objets sacrés - alignés les uns à côté des autres comme pour une vente d'entrepôt massive, sans communauté, peut-être personne, en vie pour les réclamer. C'est-à-dire jusqu'à ce que les communautés juives survivantes en dehors de l'Europe - y compris le Musée juif de New York - interviennent après la guerre pour aider à sauver les nombreux objets orphelins. Toutes les œuvres cérémonielles exposées dans cette exposition ont trouvé leur propre vie après la mort dans le cadre de la collection permanente du Musée, une partie de cet effort massif pour sauver les vestiges de la culture juive européenne.

Avoir hâte de

Que l'héritage d'objets d'art et culturels volés laisse également des séquelles fantomatiques aux générations suivantes est le sujet de la dernière section de l'exposition : de nouvelles œuvres commandées par quatre jeunes artistes contemporains vivant en Israël, Berlin et Brooklyn : Maria Eichhorn, Hadar Gad, Dor Guez et Lisa Oppenheim.

Chacun de ces artistes aborde cette histoire sous un angle différent. L'artiste conceptuel Eichhorn nous plonge dans le travail même de récupération, de localisation et de restitution d'objets pillés. Elle le fait en nous entourant de cas réels de documents d'archives, de registres, de rapports, de livres, etc., tous nécessaires pour vérifier, certifier, analyser, authentifier chaque artefact, chaque élément. L'arrière-plan sonore d'un enregistrement continu et ininterrompu de la voix de la philosophe Hannah Arendt intensifie encore le sentiment d'être plongé dans l'œuvre elle-même. Elle lit diverses notes de service qu'elle a écrites en sa qualité de directrice de l'agence chargée du triste mais urgent objectif de trier les énormes caisses de matériaux qui ont été récupérées.

L'installation de Dor Guez est basée sur un manuscrit des archives de sa famille qui appartenait à son grand-père paternel, un survivant de l'Holocauste (Crédit : Steven Paneccasio)

L'installation de Dor Guez est basée sur un manuscrit des archives de sa famille qui appartenait à son grand-père paternel, un survivant de l'Holocauste (Crédit : Steven Paneccasio)

Dans son installation, Dor Guez, le fils d'une mère palestinienne et d'un père juif nord-africain, crée une exposition de style musée d'objets, de documents et d'estampes pour faire revivre la multiplicité des pertes de sa famille judéo, tunisienne et arabe. langues et cultures. Les puissantes peintures de collage à grande échelle et oniriques de Hadar Gad sont basées sur des photographies historiques des conséquences de la destruction de biens juifs par les soldats nazis. Enfin, Lisa Oppenheim base sa série de photo-collages mystérieusement assombris sur la seule image restante d'une nature morte - du peintre franco-flamand Jean-Baptiste Monnoyer - qui a disparu après sa confiscation par les nazis à une maison juive de Paris. .

Ce sont donc les vies après la mort qui restent. L'impact émotionnel de l'exposition est écrasant : joie et gratitude à la rescousse de tant d'œuvres d'art exquises ; le chagrin des pertes endurées par les communautés juives détruites d'Europe ; et enfin le réconfort de savoir que leurs histoires perdurent. Il pourrait même y avoir une lueur d'espoir que ces récits pourraient également apporter une certaine perspective dans la résolution des nombreux cas de restitution en cours dans le monde. En attendant, les voyages archétypaux des œuvres d'art pillées dans le monde se poursuivent.

Afterlives: Recovering the Lost Stories of Looted Art est au Musée juif de New York jusqu'au 9 janvier 2022.