vineri, 1 octombrie 2021

L’astronome de Vermeer

 

L’astronome de Vermeer : la poursuite de la connaissance

Vermeer, 1668, huile sur toile, Musée du Louvre, Paris.

Vermeer, 1668, huile sur toile, Musée du Louvre, Paris.

Au plus près de l’oeuvre :

L’Astronome est une huile sur toile de petites dimensions peinte par l’artiste hollandais Jan Vermeer en 1668. Ce tableau a pour sujet un savant à l’étude, éclairé par une lumière douce et latérale. Certains historiens de l’art reconnaissent en cet homme la figure d’Antonie van Leeawenhoeck, un naturaliste hollandais du XVIIème siècle. Vermeer choisit de traiter son thème non pas de façon narrative comme il était coutume de le faire en Italie mais plutôt de façon descriptive en représentant un homme entouré d’objets ordonnés. Cette œuvre permet de poser la question de la place des sciences dans l’iconographie et tout particulièrement de celle de l’astronomie qui connaissait une certaine renommée depuis le XVIème siècle, succès qui va ainsi se confirmer au XVIIème. Nous tenterons dans cet article de déterminer l’impact de cette science sur la nouvelle conception de la place de l’homme dans l’univers et de saisir la portée morale d’une œuvre qui, à première vue, en était dépourvue.

L’astronome, la science et l’individu

Le savant à l’étude est un thème récurrent de la peinture hollandaise, il fait échos aux avancées scientifiques de l’époque. Au XVIIe siècle, l’apparition des lunettes offre aux savants et aux peintres un champ d’exploration inédit, elles permettent d’apprivoiser le ciel. L’avènement de Galilée et de l’héliocentrisme fait prendre conscience à l’homme de sa place, de nombreux scientifiques tentent alors par divers moyens de comprendre cette nouvelle position. Les contemporains vont ainsi commencer à étudier le monde qui les entoure. L’individu tente de comprendre la place qu’il occupe dans un vaste ensemble en essayant de le maîtriser par les cartes, les instruments de mesure ou encore les livres d’astronomie, de cosmologie ou de géographie. Dans le tableau de Vermeer, l’astronome est absorbé par sa tâche, il ne laisse aucune place au spectateur. Il choisit d’accorder toute son attention au globe placé devant lui  sur lequel il a posé sa main, le livre ouvert sur la table sert de guide pour comprendre les deux points qu’il mesure avec ses doigts. Ce geste est récurent dans les figures des astronomes, on en retrouve une alternative dans le tableau de Gerrit Dou qui choisit de traiter le clair-obscur comme son maître Rembrandt. L’astronome éclairé par la bougie, unique source de lumière, s’adonne à la mesure de la distance entre deux points à l’aide d’un compas tout en s’appuyant sur les informations que lui fournit le livre ouvert devant lui.

Dou,_Gerard_-_Astronomer_by_Candlelight_-_c._1665

Astronome éclairé par une chandelle, Gerrit Dou, 1650, huile sur bois, Getty Museum, Los Angeles

Les instruments du XVIIe siècle

Le tableau a fait l’objet de nombreuses études au cours des derniers siècles, ce qui a permis d’identifier avec précision chaque objet présent sur la table de l’astronome. Vermeer, dans un souci d’illusionnisme et d’exactitude, a représenté ces différents instruments à partir d’objets de musée qu’il avait empruntés ou simplement observés sur place. Le livre devant le personnage a ainsi pu être identifié comme la seconde édition du Manuel de Géographie et d’Astronomie d’Adriaen Metius de 1621 ouvert aux deux premières pages du livre III Observation des étoiles. La page de droite est couverte de texte, celle de gauche illustre l’utilisation de la roue de l’astrolabe présent à la base du globe devant le personnage. Ce livre était destiné aussi bien aux amateurs qu’aux professionnels et  proposait un enseignement de l’utilisation des instruments liés à l’astronomie et à la géographie. Ces deux disciplines dépendaient d’une branche plus large nommée « cosmologie » et étaient bien plus complémentaires au XVIIe siècle qu’elles ne le sont aujourd’hui. En effet, l’astronomie était indispensable à la confection des cartes, puisqu’elle permettait de déterminer la latitude en pleine mer, par exemple. Dans l’introduction de son livre, Metius recommandait l’emploi des globes de Willem Jansz Blaeu, cartographe et éditeur à l’origine de la publication de cette seconde édition. Cependant, le globe qu’a choisi de représenter Vermeer dans son tableau est celui d’un concurrent direct de Blaeu : Jodocus Hondius. La connexion entre l’astrolabe, le globe et la section du livre est rendue par un lien plastique dans l’œuvre, les trois objets sont en contact les uns avec les autres.

Le Géographe, un pendant de ce tableau ?

Jan Vermeer, 1668-1669, huile sur toile, Stadelsches Kunstinstitut, Francfort-sur-le-Main

Jan Vermeer, 1668-1669, huile sur toile, Stadelsches Kunstinstitut, Francfort-sur-le-Main

L’Astronome a souvent été mis en lien avec Le Géographe et ces deux tableaux ont longtemps été considérés comme formant un diptyque cohérent. En effet, ils sont tous deux de la même taille et ont été peints au même moment. Même si cette hypothèse a été réfutée, ces deux œuvres présentent certaines similitudes intéressantes. Tout d’abord, ils constituent ensemble les deux seules représentations d’une figure masculine isolée de l’artiste. La composition et le choix de la palette chromatique très proches de ces deux tableaux, font de ces œuvres un dérivé profane du thème de Saint-Jérôme en étude.

Albrecht Dürer, 1514, burin, Dresde

Albrecht Dürer, 1514, burin, Dresde

Une lecture plus morale

Ceci nous conduit donc à la dernière interprétation qu’il est possible de faire de ce tableau. Nous avons vu précédemment que l’on pouvait l’envisager comme un tableau descriptif d’une époque où l’homme tentait de trouver sa place, il est cependant possible de donner une interprétation morale à ce tableau qui en semblait pourtant dépourvu. La peinture située contre le mur dans l’Astronome représente Moïse sauvé des eaux de Peter Lely. Moïse est considéré au XVIIe siècle comme le plus vieux géographe du monde du fait de ses nombreux voyages et descriptions de l’Egypte à la Terre Promise.  La présence de ce tableau serait à mettre en rapport avec le passage du livre ouvert selon lequel « les enfants de Seth n’auraient pas seulement fondé la science des étoiles et la connaissance des paradis mais se seraient aussi assurés qu’elles soient  transmises aux descendants »¹.

Par ailleurs, le tableau occupe la même place que la carte maritime encadrée dans le Géographe. Moïse et le support de la carte maritime mis en parallèle sont à comprendre comme des guides spirituels de l’homme à travers la vie. Finalement le tableau Moïse sauvé des eaux apporte une valeur emblématique à la toile de Vermeer. On s’éloigne peu à peu de la pure description pour l’allégorie.

Le tableau L’astronome de Vermeer prend alors une nouvelle signification et place le scientifique comme le guide spirituel de l’homme à travers l’existence.

Conclusion

L’Astronome de Vermeer offre plusieurs approches suivant les degrés de lecture. Il est possible d’y voir la description minutieuse propre à l’art hollandais d’un savant dans son office entouré d’objets scientifiques, ou encore la figuration d’une époque qui change, où l’homme tente de se faire une place et de maîtriser ce qui l’entoure. Finalement, ce tableau se teinte d’une valeur moralisante et illustre bien l’hésitation de cette époque qui n’ose se détacher totalement d’une conception divine du monde pour se diriger vers une pensée rationnelle et qui tente de se raccrocher à une compréhension rassurante du monde perçue à travers un prisme moral.

Clothilde Bollard-Duval

joi, 30 septembrie 2021

Le Massacre des innocents (Brueghel)

 


Le Massacre des innocents (Brueghel)

Le Massacre des innocents
Image dans Infobox.
ArtistePieter Bruegel l'Ancien
Date1565
Type
Matériau
huile et bois sur panneau de bois (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Dimensions (H × L)
109,2 × 158,1 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
Mouvement
Propriétaire
Collection
No d’inventaire
RCIN 405787Voir et modifier les données sur Wikidata
LocalisationChâteau de Windsor, Windsor, Berkshire (Royaume-Uni)

Le Massacre des innocents est un tableau peint par Pieter Bruegel l'Ancien en 1565. Il appartient à la Royal Collection, collection d'œuvres d'art de la famille royale britannique, et est conservé au château de Windsor à Windsor dans le Berkshire au Royaume-Uni. Il s'inspire du Massacre des Innocents, un épisode du Nouveau Testament relaté dans l'Évangile selon Matthieu.

Description

Comme pour d'autres épisodes tirés des Évangiles, Brueghel choisit de représenter le Massacre des innocents dans un cadre contemporain et quotidien. Sous un ciel radieux, dans un très beau paysage couvert de neige, un village flamand est livré à la violence aveugle des soldats chargés de massacrer tous les nouveau-nés de sexe masculin. L'effet d'ensemble produit par le décor masque au premier regard l'atrocité de la scène qui ne se dévoile que progressivement lorsque, à y regarder de plus près, le spectateur découvre des mères éplorées ou hagardes, serrant contre elles des petits cadavres désarticulés et sanguinolents, des parents suppliants ou tentant de défendre ou de cacher quelques enfants encore en vie et, par contraste, l’impassibilité des soldats en armure, groupés en rang serré au fond de la place du village.

Si le choix de placer la scène dans un cadre contemporain en accroit l’impact dramatique, il en accroit aussi l'actualité. Or, Brueghel peint ce tableau alors que le duc d'Albe a été envoyé en Flandres par Philippe II d'Espagne pour rétablir l'ordre après des révoltes protestantes. Brueghel aurait dès lors utilisé le thème du massacre des innocents pour dénoncer les exactions des troupes espagnoles, célèbres par leur brutalité1.

Historique de l'œuvre

Le tableau a été abondamment copié par Pieter Brueghel le Jeune et son atelier quelques décennies plus tard et l’identification du tableau original parmi les nombreuses versions qui nous sont parvenues n'a pas été chose facile. Plusieurs versions proches les unes des autres pouvaient en effet y prétendre, parmi lesquelles la version appartenant à la Royal Collection, mais aussi celle conservée au Kunsthistorisches Museum de Vienne ou celle de la collection Brukenthal à Sibiu. Aujourd’hui, il y a consensus pour admettre que le prototype autographe de Bruegel l’Ancien est le tableau de la Royal Collection conservé à Windsor. Malheureusement, cette œuvre nous est parvenue très altérée2.

Censure de l'empereur Rodolphe II

Acquis en 1662 par le roi Charles II, le tableau est passé par les collections de la reine Christine de Suède, et auparavant encore, par celles de l'empereur Rodolphe II de Habsbourg. C'est probablement sur ordre de ce dernier qu'au tournant du xviie siècle le tableau a été retravaillé en scène de pillage pour en atténuer l'atrocité3. Des flammes ont notamment été ajoutées au-dessus des maisons, et n'ont été nettoyées qu'en 19413. Historiquement chargées de sens, les autres modifications, qui ont consisté en particulier à remplacer des petites victimes par des paquets de linge, des animaux ou des ustensiles divers, n'ont pas été supprimées3. Ainsi, paradoxalement, c'est par les nombreuses copies réalisées par Pieter Brueghel le Jeune et son atelier que l'aspect originel de la composition est connu et visible aujourd'hui.

Copies de Pieter Brueghel le Jeune et son atelier[modifier | modifier le code]

Illus.MuséeVillePaysDimensions (cm)AnnéeNote
Bruegel the Elder Massacre of the Innocents.jpgPalais BrukenthalSibiuDrapeau de la Roumanie Roumanie115,2 x 163,7Signé
P. Brueghel II - De kindermoord.JPGMusée OldmastersBruxellesDrapeau de la Belgique Belgique120,5 x 167Vers 1610
Kindermord (Pieter Brueghel d. J.).jpgMusée d'Histoire de l'artVienneDrapeau de l'Autriche Autriche116 x 160Entre 1565 et 1567
Pieter Brueghel de Jonge (1564 - 1637-38) Kindermoord in Bethlehem - Alte Pinakothek 25-01-2017 16-35-34.jpgAlte PinakothekMunichDrapeau de l'Allemagne Allemagne105,2 x 166,81597
Pieter Bruegel the Elder, Massacre of the Innocents.jpgGemäldegalerieBerlinDrapeau de l'Allemagne Allemagne
Musée des Beaux-ArtsLons-le-SaunierDrapeau de la France France117 x 1631593Signé et daté
Pieter Brueghel de Jonge - Een winterlandschap met de moord op de Onnozele.jpgCollection privée117,5 x 163,3Signé

Massacre des Innocents, Pieter Bruegel: analyse, interprétation3 874 Automatique traduireAuteur du texte original - Neil Cоllins

La description

Image anti-guerre

Détail Bruegel

Habsbourg collectionneurs de Bruegel